QUE SONT LES CADEREAUX ?

Les cadereaux de la ville de Nîmes.

Les cadereaux sont des ruisseaux ou torrents généralement à sec, drainant l’eau des garrigues environnantes et sillonnant la ville de Nîmes.

En cas de fortes pluies, ils s’écoulent à travers la ville.

Pour mémoire, les crues du Rhône ont une vitesse de 2 m/s environ les crues du Gardon ont une vitesse de 3 m/s environ et les crues du cadereau d’Uzès ont une vitesse de 5 à 7 m/s environ.

Le cadereau d’Uzès est le plus rapide des cadereaux Nîmois, en partie à cause des fortes pentes du relief sur la partie supérieure de son bassin. Le Serre de Garde-Monnier – « le toit de Nîmes » – culmine à la cote 214, à la limite Nord-Ouest du bassin versant du cadereau d’Uzès et du cadereau de Font-Chapelle.

Depuis la ligne de crête des collines au droit du camp bâti des garrigues jusqu’au carrefour des Trois Ponts, qui constitue l’entrée dans la zone urbaine de la ville, il y a 3 km. Les crues de ce cadereau parcourent cette distance en un temps record, c’est-à-dire 7 ou 8,5, ou 10 minutes, ce qui correspond à des vitesses de 25,7 ou 21,1, ou 18 km/h.

C’est donc très rapide !

Géographie : Nîmes à la confluence de bassins versants

Nîmes s’est développée au pied de petits bassins versants qui, lors de fortes pluies, concentrent vers la ville les eaux de ruissellement en provenance d’un plateau calcaire – les garrigues – qui domine la ville d’une centaine de mètres.

Ainsi, voit-on occasionnellement gonfler des cours d’eau temporaires – les cadereaux – n’ayant qu’entre 4 et 12 km de longueur.

Deux d’entre eux, le cadereau d’Alès-Camplanier et celui de la Route d’Uzès, convergent directement vers le centre historique de la ville. Les superficies de leurs bassins versants sont respectivement de 29 et 14 km².

 

Météorologie et Hydrologie : Nîmes vulnérable aux orages stationnaires

Fait de contrastes, en particulier entre de longues périodes sèches et de forts épisodes pluvieux, le climat du Languedoc, et plus généralement de tout l’arc méditerranéen, est la première raison de ces débordements à répétition.

Les précipitations intenses, à plus de 30 mm par heure et aboutissant à des cumuls d’eau supérieurs à 150 mm (ou 150 litres par m²) en moins d’un jour, sont à l’origine de la plupart des sinistres. Sous les plus forts des orages, l’intensité de ces pluies peut dépasser les 60 mm en une heure.

La saturation des sols est alors très rapidement atteinte, la quasi-totalité de la pluie ruisselle et la montée en crue des cadereaux est brutale, souvent de l’ordre d’une demi-heure.

Les débits ainsi générés dans les cadereaux se comptent en dizaines de m3/s pour des événements qu’un nîmois peut voir plusieurs fois dans sa vie. Les volumes d’eau devant transiter par la ville en quelques heures se comptent alors en millions de m3.

Ainsi, pour l’inondation historique du 3 octobre 1988, les pointes de débits ont été estimées à 485 m3/s pour le cadereau Alès-Camplanier et 215 m3/s pour celui d’Uzès. Nous sommes là dans l’ordre de grandeur des débits moyens des principaux fleuves français. Le volume global de l’eau ayant eu à traverser le secteur urbain dense de Nîmes a quant à lui été estimé à 10 millions de m3.

Pour l’événement d’ampleur plus limitée du 8 septembre 2005,  les pointes de débits calculées, intégrant l’action des bassins de rétention amont, sont de 74 m3/s pour le cadereau Alès-Camplanier et 33 m3/s pour celui d’Uzès. 

L’analyse des archives depuis le 14ème siècle montre que la ville connait chaque siècle  5 à 8 inondations engendrant des dommages notables.  

Le périmètre de risque Nîmes Cadereaux du code de l’urbanisme

La spécificité Nîmoise, en matière d’inondation, peut être caractérisée par quelques éléments significatifs :

  • Le temps de concentration très bref (1 à 2 heures) des bassins versants dominant la Ville conduit à des délais particulièrement courts entre le début de l’orage et l’inondation des secteurs à enjeux.
  •  L’importance des débits engendrés (485 m3/s à l’entrée du centre urbain pour le seul cadereau d’Alès)
  • Des ouvrages de traversée souterraine du centre urbain fortement sous-dimensionnés (exemple : capacité du réseau du cadereau d’Alès à l’entonnement de 25 m3/s)
  • Les vitesses d’écoulement particulièrement élevées (plus de 3 m/s sur quasiment l’ensemble du centre urbain)
  •  Le nombre des enjeux (1075 bâtis inondés avec plus de 1 m d’eau pour le seul cadereau d’Alès en centre urbain) 

A partir des plus hautes eaux relevées pour le 3 octobre 1988, et d’une étude hydraulique, des règles d’urbanisme ont été définies et constituent les dispositions du périmètre de risque au titre de l’article R.111.3 du code de l’urbanisme. (Arrêté préfectoral du 13 décembre 1994) 

Article mis à jour, le 22 octobre 2011

Lire les articles précédents :
LES « TROUS DU ROSSIGNOL »

Le sous-sol de la Garrigue nîmoise est karstique, c'est-à-dire que le calcaire est dissous par l’action de l’eau qui s’infiltre...

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