Lumière sur les Eaux troubles de la Fontaine de Nîmes

Etude du bassin d’alimentation en eau de la Fontaine

A partir de 1966, date de la première exploration par pompage de la Fontaine de Nîmes par les spéléologues nîmois, les études sur l’origine des eaux de la source vont se succéder en utilisant différentes approches, souvent croisées : géologiques, géomorphologiques, hydrologiques, hydrogéologiques, physico-chimiques, spéléologiques… Toutes ces études permettront de délimiter un bassin d’alimentation d’environ 50 km2 qui s’inscrit entièrement dans la garrigue nîmoise, à l’ouest et au nord de la ville. Nécessairement fluctuant du fait du contexte karstique dans lequel il se développe, il n’en est pas moins bien délimité ainsi que ses axes majeurs.

Commentaire : La décharge des Lauzières se trouve en plein centre du bassin d’alimentation en eau de la « Fontaine de Nîmes ». Il est indéniable qu’elle est à l’origine d’une pollution majeure de sa source, pollution incomparable en volume (plusieurs millions de tonnes de déchets depuis sa création) avec celle « des villas », comme le laisse entendre Christian Liger dans son livre (lire le paragraphe ci-dessous).

Depuis l’enfance de Marc Bernard, l’eau de la source a sans doute plus changé qu’elle ne l’avait fait en deux mille ans. Victime de son réseau secret : la garrigue environnante a été bâtie ; ce qui n’étaient que maisonnettes de week-end – mazets, dit-on – s’est transformé en villas, avec fosses septiques, drainages, vidange. Le tout-à-l’égout des nantis nîmois du nord de la ville, ce sont toutes les fissures, avens et failles qui recueillent l’eau pour la Fontaine : si bien que celle-ci, très souvent, crache d’étranges cercles mordorés d’huiles et carburants ; et que les herbes aquatique s’alourdissent de matières noirâtres.
Pollution des sources de la garrigue.

« Nîmes Sans Visa, Christian Liger, 1987 – page 49 »

A ce jour, le Collectif des Sources, dont les membres : Giovanni Gareli, Bruno Fadat et Raymond Martin, procèdent depuis des années à l’inventaire des sources de la garrigue nîmoise, a pu en recenser 89.
Mais leurs recherches ne se limitent pas à cet aspect du patrimoine, après avoir fait effectuer une série d’analyses, ils ont découvert que la pureté de ces sources est mise en cause par une pollution sournoise liée à un urbanisme de plus en plus présent, avec des rejets liés probablement à des dysfonctionnements des fausses septiques.

Pour l’exemple une analyse effectuée en 2012 à la Font du Rossignol nous donnait pour Les Escherichia (Microplaques) et les Entérocoques Intestinaux (Microplaques) des valeurs respectives : 45 npp/100ml et 0 npp/100ml. Au mois de mars 2016, nous retrouvons des valeurs beaucoup plus élevées : 270 npp/100ml et
Pour la Font des Merles en 2016 : 48 npp/100ml et 61 npp/100ml.
Pour la Font Escalière : 30 npp/100ml et 61 npp/100ml.

Raymond Martin

Article mis à jour, le 4 octobre 2016

Lire les articles précédents :
Lorsque Nîmes est inondée…

...On pense tout de suite aux cadereaux, ces ruisseaux très souvent secs qui se transforment en torrents dévastateurs lors d'épisodes...

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